Baraka : arrestation brutale et transfert des leaders de la société civile vers Uvira
samedi 15 août 2026
Par Joseph Apolo
La tension reste vive à Baraka après l’arrestation brutale, le 14 août 2026, de plusieurs leaders de la société civile. Selon des sources concordantes, ces acteurs ont été transférés nuitamment à Uvira, siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu. Ils seraient actuellement gardés dans le cachot de la Police Nationale Congolaise (PNC). Pour rappel, parmi les personnes interpellées, figurent Monsieur Albert ETUNDA MAISHA et ALLY MUKINDULA Lebon, respectivement Président de Coordination du Bureau urbain de la société civile Forces vives et Président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), centre de négoce de Baraka. D'autres acteurs faisant partie du groupe des arrêtés sont entre autres, Denis SHABANI, Superviseur d'une structure des transporteurs (motards) dénommée ASONAMOC ainsi que messieurs Augustin BALONGELWA, Elias et WASIRENE.
L’opération menée par les forces de sécurité a suscité une vague d’indignation parmi la population et les organisations citoyennes locales. Les arrestations contre les acteurs de la société civile, jugées arbitraires, s’inscrivent dans un contexte de contestation croissante contre les mesures de bouclage imposées par les autorités provinciales.
Les organisations de la société civile rejettent les accusations mensongères d'atteinte à la sécurité de l'État et de connivence avec le mouvement rebelle de l'AFC-M23 qu'on cherche à imputer faussement aux acteurs interpellés. Elles estiment que l'accusation ainsi libellée est devenue une pratique pour chercher à coincer toute personne dénonçant la mauvaise gouvernance des autorités locales. Enfin, elles dénoncent une atteinte grave aux libertés fondamentales et exigent :
- La libération immédiate des leaders arrêtés.
- Une enquête impartiale sur les circonstances de leur arrestation et de leur transfert.
- Le respect des droits humains et des garanties constitutionnelles.
Des observateurs estiment que ce transfert vers Uvira vise à isoler les leaders de leur base sociale et à renforcer la pression exercée par les autorités provinciales sous silence de tous les observateurs, dans un contexte insécuritaire et de coupure de toutes voies de communication (Réseau mobile, Connexion Internet, routes impraticables, etc.). Cette situation accentue la fracture entre la société civile et le gouvernement du Sud-Kivu, dans une région déjà marquée par l’insécurité et les tensions politiques.
