Baraka : les sociétés civiles dénoncent un assaut militaire contre leurs bureaux et exigent des comptes
samedi 8 août 2026
Par Joseph Apolo
Les Sociétés Civiles de la ville de Baraka et leurs composantes viennent de lancer un signal fort à l’opinion publique locale, nationale et internationale. Dans un communiqué daté du 7 août 2026, elles dénoncent l’assaut militaire contre leurs bureaux, ceux de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), des transporteurs et de plusieurs radios locales, assiégés par des éléments des FARDC lourdement armés sur ordre du Ministre provincial de l’Intérieur du Sud-Kivu. Cette décision est la conséquence directe du refus des structures locales de se soumettre au paiement forcé des documents de bord et de certaines taxes provinciales, un refus motivé par la dégradation sécuritaire et l’absence de transparence dans la gestion des fonds publics. Les organisations rappellent que la ville de Baraka et le territoire de Fizi vivent sous une insécurité permanente, marquée récemment par la répression sanglante d’une manifestation de motards le 31 juillet 2026, où des tirs de militaires ont fait des blessés et des morts. Elles exigent que les responsables de ces violences soient identifiés et jugés publiquement.
Au-delà de la question sécuritaire, les griefs s’accumulent contre le gouvernement provincial. Les millions de francs congolais collectés lors du bouclage de décembre 2025, censés financer la réhabilitation d’infrastructures de base, n’ont jamais produit de résultats visibles. Les promesses d’installer mille lampadaires dans la ville, de construire le barrage de Malekya financé par le PDL-145 Territoires, de paver sept kilomètres de routes urbaines ou encore de rétrocéder trente mille dollars aux entités décentralisées sont restées lettre morte. La ville de Baraka n’a pas non plus bénéficié des dix mille dollars débloqués par le gouvernement central pour renforcer l’autorité de l’État dans les entités décentralisées, ni de sa part du don de cent mille dollars reçus de la province du Lualaba destiné aux sinistrés de guerre. À cela s’ajoute la coupure des réseaux de communication, qui paralyse les activités commerciales, administratives et sociales d’une population dépendante des services de téléphonie et des transactions financières mobiles alimentées par la diaspora.
Face à ce cumul de promesses non tenues et de manquements graves, les Sociétés Civiles de Baraka réaffirment leur refus catégorique de tout paiement forcé tant que les engagements du gouvernement provincial ne seront pas exécutés. Elles dénoncent une gouvernance marquée par l’opacité, l’absence de résultats et la répression militaire, et appellent l’opinion nationale et internationale à prendre acte de cette situation qu’elles considèrent comme une atteinte aux libertés fondamentales et à la démocratie locale.
Ce communiqué traduit une rupture profonde de confiance entre les autorités provinciales et les acteurs civils, et met en lumière un climat de contestation qui pourrait s’étendre à l’ensemble du territoire de Fizi si des réponses concrètes ne sont pas apportées.
