jeudi 14 mai 2026 Fizi 08:44


Les femmes Banyamulenge ouvrent la voie du vivre-ensemble entre Baraka et Bibokoboko



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mercredi 13 mai 2026  

Par Hussein Jafari Fils

Une délégation de 35 femmes Banyamulenge s’est rendue ce mercredi 13 mai au marché Mwemezi II, en ville de Baraka. 

‎Elles sont venues s’approvisionner en vivres et non-vivres, mais elles ont également apporté des marchandises en provenance de Bibokoboko pour les écouler sur place. Selon plusieurs vendeuses présentes, les échanges se sont déroulés dans un climat de sérénité, marquant une rupture avec la période prolongée de méfiance entre les communautés.

‎Pour le Cabinet des Jeunes Intègres pour l’Orientation des Politiques Publiques en RDC [CJIOP-RDC], ce déplacement constitue  un signal fort d’espoir, de rapprochement communautaire et de renaissance du vivre-ensemble  dans le territoire de Fizi.

‎Le territoire de Fizi, comme une grande partie du Sud-Kivu, a connu des cycles de violences intercommunautaires ces dernières années. Les échanges commerciaux entre Baraka, Bibokoboko et dans les hauts plateaux du secteur de Mutambala, s’étaient progressivement réduits, alimentant la méfiance et l’isolement économique.

‎Le fait que les visiteuses arrivent avec des produits de Bibokoboko montre une volonté de relancer la réciprocité commerciale, pilier historique de la cohabitation dans la région.

‎Ce rapprochement intervient après une mission conjointe menée début mai à Bibokoboko par le Conseiller du Chef de l’État chargé des questions communautaires et identitaires, Jacques Kongolo, accompagnée de William Amuri Yakutumba, coordonnateur provincial de la RAD/VDP-Wazalendo.

‎Lors de ces rencontres, Jacques Kongolo a réuni toutes les communautés présentes pour leur transmettre un message d’unité et de cohabitation pacifique. William Amuri Yakutumba a, quant à lui, lancé un appel à tous les acteurs, quel que soit leur bord, à œuvrer pour la paix afin de vivre en sécurité et de rechercher le développement. Il a souligné que la stabilité ne pouvait passer que par la reprise des échanges économiques et la fin des discours de division.

‎Avant les périodes de tension, Baraka et Bibokoboko entretenaient une interdépendance économique forte. Les habitants de Baraka s’approvisionnaient en produits agricoles et d’élevage à Bibokoboko, tandis que  les hauts plateaux dépendaient de la plaine pour les produits manufacturés et les services.

‎Le CJIOP-RDC appelle aujourd’hui à renouer avec cette dynamique. L’organisation invite les habitants de Baraka à se rendre à leur tour vers Bibokoboko pour le commerce, afin de transformer ce geste symbolique en un mécanisme durable de paix et de sécurité.

‎Sans paix, il n’y a pas de bonheur. Sans cohabitation pacifique, rien de durable ne peut se construire, rappelle le communiqué signé par son directeur, Orphée Yamone'a Kamengele.

‎La durabilité de cette dynamique dépendra d’abord du maintien de la libre circulation sur l’axe Baraka-Bibokoboko. Sans sécurité, aucun échange ne tient, explique un acteur de la société civile à Baraka.

‎Il faut aussi que la réciprocité soit réelle. 'Si Baraka répond en se rendant à Bibokoboko, le signal sera complet', ajoute-t-il.

‎Enfin, l’implication des autorités locales et coutumières reste déterminante pour encadrer et pérenniser le dialogue entre les communautés, conclut-il.

‎La visite de ce 13 mai reste un acte symbolique. Mais dans un contexte où chaque geste de rapprochement compte, elle est interprétée par la société civile comme une opportunité à saisir pour reconstruire le tissu social dans le territoire de Fizi.


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