La SOCICO-Baraka dénonce le laxisme des autorités à propos du trafic sur le lac Tanganyika
samedi 18 avril 2026
Par Hussein Jafari Fils
L’inquiétude monte chez les communautés riveraines du lac Tanganyika, particulièrement dans la ville de Baraka et le territoire de Fizi. Les voyageurs qui empruntent quotidiennement les embarcations motorisées dénoncent une dégradation des conditions de sécurité et des risques accrus de naufrage. En cause : un relâchement dans la surveillance des ports de départ par les autorités compétentes.
Le grief principal porte sur l’absence systématique de gilets de sauvetage à bord. Malgré les réglementations, la majorité des passagers traversent le lac sans équipement de protection individuelle. En cas d’incident technique ou de chavirement, chaque trajet devient potentiellement mortel, d’autant que les secours sont souvent inexistants sur ces axes isolés.
À ce manquement s’ajoute la surcharge, devenue courante sous l’œil passif des services fluviaux. Les embarcations sont fréquemment remplies au-delà de leur capacité, mêlant marchandises lourdes et passagers dans un équilibre précaire. Les organisations locales dénoncent une recherche de rentabilité au détriment de la sécurité physique des citoyens.
Le contexte météorologique aggrave ces risques avec la saison des pluies et des vents violents. Sur le lac Tanganyika, connu pour ses changements de courants soudains et ses tempêtes imprévisibles, naviguer sans mesures de précaution relève d’un danger extrême. Les vagues menacent quotidiennement la stabilité des petites unités de transport.
Cette crise touche surtout les habitants de la presqu’île d’Ubwari et les villages côtiers comme Mizimu, Lubomo, Kazimia ou Talama, pour qui le lac reste l’unique voie de communication. Pour ces populations enclavées, le choix se résume à risquer leur vie pour rejoindre Baraka ou rester isolées. L’accès aux soins et aux marchés est entravé par l’insécurité lacustre.
Face à cette menace, la société civile des compatriotes congolais, SOCICO-RDC en ville de Baraka, interpelle le gouvernement. Les activistes exigent un contrôle strict des manifestes d’embarquement et l’interdiction de départ pour tout navire non conforme. Une présence accrue de la force navale et des inspecteurs maritimes est jugée indispensable pour réguler un secteur laissé à l’abandon.
