mardi 14 avril 2026 Fizi 00:55


De Ndolo à Nsele,le dernier voyage du Général Sikatenda Shabani.



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samedi 11 avril 2026  

Par Byobe Malenga 

Près d'un an après l'annonce de son décès en détention, le programme des obsèques du Lieutenant-Général Sikatenda Shabani a été officiellement rendu public. Les cérémonies funéraires, qui se dérouleront du 20 au 24 avril 2026 à Kinshasa, marquent la fin d'un long chapitre pour cet officier général dont le parcours a oscillé entre les sommets de l'appareil sécuritaire et les tourments de la justice militaire.

Le programme prévoit trois jours de recueillement à sa résidence de l'UPN, suivis d'une grande veillée mortuaire à l’espace Ave Maria le 23 avril. Le général recevra les derniers honneurs militaires le vendredi 24 avril, avant d'être inhumé au cimetière « Repos du Soldat » dans la commune de la Nsele.

Un officier au cœur de l'histoire

Ancien compagnon d'armes de Laurent-Désiré Kabila au sein du maquis Hewa Bora, Sikatenda Shabani était un visage historique des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Il fut notamment le premier chef des renseignements militaires (ex-Demiap) entre 1997 et 1998, après la chute du régime Mobutu.

Originaire du territoire de Fizi dans le Sud-Kivu, le général avait toutefois vu sa carrière s'assombrir ces dernières années. En septembre 2017, il avait été arrêté à Kinshasa, soupçonné par les services de sécurité de liens avec des groupes armés actifs dans sa région natale, notamment la milice Maï-Maï de William Yakutumba.

Une fin de vie controversée

Le décès du Lieutenant-Général, survenu en juin 2025 alors qu'il était incarcéré à la prison militaire de Ndolo, avait suscité une vive émotion et des réactions politiques notables. L'ancien président Joseph Kabila avait notamment salué sa mémoire, déplorant les conditions de sa disparition. Pour ses partisans et ses proches, Sikatenda Shabani demeure une figure patriotique, tandis que pour ses détracteurs, son implication présumée dans l'instabilité de l'Est reste un point de contentieux.

Avec son inhumation prévue au 'Repos du Soldat', la République semble vouloir accorder une forme de reconnaissance institutionnelle à celui qui a consacré une grande partie de sa vie au service des armes, malgré les zones d'ombre qui ont entouré ses dernières années.


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