samedi 28 mars 2026 Fizi 14:34


RDC : Joseph Kabila dénonce « une dictature installée à Kinshasa »



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lundi 23 mars 2026  

Par Joseph Apolo 

Après sept années de silence médiatique, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a accordé un entretien exclusif à La Libre Afrique. Installé à Goma, il s’est exprimé sur la crise sécuritaire et politique qui secoue le pays, n’hésitant pas à qualifier le régime actuel de « dictature ».

Interrogé sur la frappe de drone du 11 mars qui a coûté la vie à une employée française de l’UNICEF et à deux civils congolais près de sa résidence, Kabila affirme : « On a toujours été visé par le régime de Kinshasa. Est-ce que j’étais ciblé personnellement ? Est-ce la population congolaise qui était visée comme elle l’est depuis des mois ? », s'est-il interrogé en répondant à la question lui posée par La Libre Afrique.

Condamné à mort par la justice congolaise pour son rôle présumé dans la rébellion de l’AFC/M23, l’ancien chef de l’État se dit « serein ». Mais, il alerte sur les risques d’implosion du pays : « Beaucoup évoquent la balkanisation, moi je parle de la 'soudanisation' de la crise en RDC. Les ingrédients sont en place. »

Revenant sur son expérience de 2001, Kabila rappelle avoir opté pour la paix et la réunification du pays malgré la présence de multiples armées étrangères. Il regrette qu’aujourd’hui « on a plutôt des va-t-en-guerre au pouvoir », estimant que la négociation reste la seule voie viable.

Installé à Goma, il revendique le droit de dialoguer avec tous les Congolais : « Il faut mettre fin à cette dictature, cette tyrannie qui vient de s’installer. Et pour y arriver, il faut mobiliser, sensibiliser tous les Congolais, qu’ils soient en exil ou à l’intérieur du pays. »

L’ancien président s’oppose fermement aux velléités de révision constitutionnelle affichées par Kinshasa : « Cette Constitution est sacrée. C’est par son biais qu’on a réunifié le pays en 2006. La détricoter serait extrêmement dangereux. »

Pour Kabila, l’avenir du pays passe par un renouvellement profond de la classe politique et une rééducation civique de la population : « On ne peut envisager le changement de la situation actuelle avec le système en place. »


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