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Floribert Anzuluni plaide pour une parole unificatrice



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vendredi 19 septembre 2025  

Dans une délégation interministérielle, conduite dans un premier temps par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a effectué une visite à Uvira, siège temporaire des institutions provinciales du Sud-Kivu.

Cette mission faisait suite à une semaine de paralysie décrétée par la société civile, ponctuée par des affrontements sanglants autour de la nomination controversée d’un officier militaire. Dans ce climat tendu et empreint de défiance, la présence gouvernementale visait à la fois à rétablir l’autorité étatique et à désamorcer les tensions sociales.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus globale de Kinshasa, déterminée à renforcer son contrôle sur des territoires fragilisés par les insurrections et la méfiance envers le pouvoir central.

Entre fermeté et compassion

Dès leur arrivée, les membres du gouvernement ont tenu une réunion sécuritaire restreinte avec les responsables militaires et administratifs du Sud-Kivu. Ils se sont ensuite rendus à l’hôpital général d’Uvira pour échanger avec les blessés des récents heurts. Ces gestes, à forte portée symbolique, visaient à témoigner de la solidarité de l’État envers les populations éprouvées.

Après le retour du Vice-Premier ministre à Kinshasa, la mission s’est poursuivie sous la conduite du ministre d’État Aimé Boji, accompagné de Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, et d’Eliezer Ntambwe, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants. Cette visite traduit une volonté d’incarner une gouvernance plus proche et plus réactive. Toutefois, elle soulève une interrogation essentielle: quelles mesures concrètes suivront ces engagements?

Écoute des communautés locales

La délégation a multiplié les consultations avec les forces vives et les communautés locales: Bavira, Babembe, Bafulero, Bashi, Banyamulenge, Lusu Lega, Nyindu, Buari, ainsi que des groupes de femmes, des juristes, des étudiants, des représentants religieux et des acteurs de la société civile.

Ces rencontres ont été perçues comme un signe de reconnaissance de la part du pouvoir central. Les intervenants ont réaffirmé leur attachement au vivre-ensemble et à la paix intercommunautaire. Dans une ville marquée par une histoire de tensions ethniques, ces espaces de dialogue sont essentiels.

L’appel de Floribert Anzuluni: pour une parole responsable

Originaire de la région, le ministre Floribert Anzuluni s’est distingué par un message fort, appelant à la vigilance dans les discours publics:

 « Dans nos propos et nos prises de parole, évitons toute expression susceptible de stigmatiser une communauté. Ne donnons pas à nos adversaires les armes pour nous affaiblir. »

 En mettant l’accent sur un langage rassembleur, Anzuluni a placé la lutte contre les discours haineux au cœur du processus de réconciliation.

 Son intervention prend une résonance particulière dans un contexte où les tensions identitaires s’intensifient dans l’Est du pays. Dans cette guerre aux multiples visages, les mots peuvent être aussi destructeurs que les armes. Le message du ministre s’inscrit donc dans une logique de prévention stratégique.

Une exigence de résultats

À l’issue des échanges, les représentants locaux ont salué l’initiative tout en appelant à la mise en place d’un mécanisme de dialogue permanent entre Kinshasa et les populations du Sud-Kivu. Ils ont insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements pris et d’une communication continue avec les autorités centrales.

Cette revendication traduit une préoccupation persistante en RDC: la crainte que les visites officielles ne se limitent à des gestes symboliques sans impact réel. La crédibilité du gouvernement repose désormais sur sa capacité à transformer les paroles en actes durables.


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