Au moins 4 morts dans une attaque armée sanglante à Otomabere en Ituri
dimanche 13 juillet 2025
Par Justin Mupanya
Une nouvelle attaque meurtrière a endeuillé le village d’Otomabere/Bwanasura, dans la chefferie de Walese Vonkutu, territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. Quatre civils y ont perdu la vie samedi 12 juillet 2025, aux environs de 20h, dans une opération violente attribuée aux rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliées (ADF). Plusieurs blessés graves ont été signalés, tandis que des corps calcinés ont été découverts parmi les habitations réduites en cendres.
D’après des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont surgi à pied depuis l’ouest de la Route nationale numéro 4, précisément sur le tronçon Komanda-Beni, avant de s’infiltrer dans le village et d’y semer la terreur. Après leur forfait, ils se seraient dirigés vers la forêt de Mayi Tatu, dans la même zone.
Les victimes blessées ont été transportées en urgence vers des centres de santé de proximité, où elles reçoivent des soins dans des conditions précaires. « Des cris de douleur fusaient de toutes parts, c’était l’horreur. Nous avons retrouvé des cadavres calcinés à l’intérieur des maisons incendiées », témoigne un rescapé.
Cette attaque s’inscrit dans une série noire de violences récurrentes imputées aux ADF dans les territoires de l’Est du pays, notamment à Irumu, Mambasa et Beni. Ces miliciens continuent de cibler des villages isolés, provoquant la désolation et l'exode massif de la population.
Pour tenter de freiner cette spirale de violences, les Forces armées de la RDC (FARDC), en coalition avec l’armée ougandaise (UPDF), poursuivent des opérations militaires conjointes dans la région. Les efforts se concentrent actuellement dans la forêt de Lolwa, zone réputée abriter plusieurs bases rebelles à la frontière entre Irumu et Mambasa. Cependant, les frappes restent insuffisantes face à la mobilité et la brutalité des assaillants.
Des leaders communautaires tirent la sonnette d’alarme. « Il nous faut une présence militaire durable et des moyens d’alerte pour prévenir de nouvelles tragédies », a plaidé un chef coutumier de Walese Vonkutu.
En parallèle, la crise humanitaire s’aggrave. Des centaines de familles ayant fui Otomabere sont aujourd’hui sans abri, exposées aux intempéries et sans assistance. Les organisations humanitaires appellent à une intervention rapide pour venir en aide aux déplacés.
Les autorités locales exhortent à une meilleure coordination entre les forces de sécurité, les acteurs humanitaires et les communautés afin de renforcer la protection des civils et éviter de nouvelles pertes humaines.
