mercredi 11 février 2026 Fizi 06:04


Le gouverneur Jean-Jacques Purusi accuse le M23 et appelle à une mobilisation internationale



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mercredi 11 juin 2025  

Par Moïse Kashala

Une violente fusillade a éclaté ce mardi dans le quartier de Nyamugo, situé dans la commune de Kadutu, à Bukavu. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des hommes armés assimilés aux rebelles du M23 auraient ouvert le feu sur des civils en pleine manifestation contre l’occupation rebelle dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’incident, qui a semé la panique dans la population, intervient dans un contexte de tensions croissantes liées à la présence persistante du mouvement rebelle dans certaines zones frontalières de la province du Sud-Kivu. Les manifestants exprimaient leur ras-le-bol face à l’inaction perçue des autorités nationales et internationales face à ce qu’ils considèrent comme une agression continue.

Informé de la situation en pleine conférence, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a immédiatement réagi, condamnant avec fermeté l’attaque. Il a exprimé sa solidarité avec les victimes et leurs familles, et a une nouvelle fois mis en cause le rôle du Rwanda dans le soutien au M23.

'À l'heure où nous parlons, la conférence venait à peine de commencer lorsque nous avons appris que le M23 venait d’ouvrir le feu sur la population à Kadutu, précisément à Nyamugo. Ce sont des gens qui manifestaient pacifiquement leur mécontentement contre l'occupation rebelle. Ces groupes armés violent, tuent, pillent et enlèvent, avec l’appui du Rwanda', a déclaré le gouverneur, visiblement ému.

M. Purusi a également lancé un appel pressant à la communauté internationale, l’exhortant à sortir de son silence face à ce qu’il qualifie de 'crimes de guerre répétés' et de 'violation flagrante de la souveraineté congolaise'.

Le M23 (Mouvement du 23 mars), groupe rebelle composé principalement de Tutsis congolais, est régulièrement accusé par Kinshasa et par plusieurs rapports de l’ONU d’être soutenu militairement et logistiquement par le Rwanda, ce que Kigali continue de nier.

Depuis la résurgence du mouvement en 2021, les affrontements dans l’Est du pays – notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu – ont provoqué des déplacements massifs de population et une grave crise humanitaire. Malgré les efforts diplomatiques menés par la région et les appels au cessez-le-feu, les violences persistent.

L’attaque de Bukavu représente une escalade inquiétante, d’autant que la ville, bien que proche de zones de conflit, était jusque-là relativement épargnée par des actes de guerre de cette ampleur.


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