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La demande de la levée des immunités de Joseph Kabila suscite des réactions en RDC



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jeudi 15 mai 2025  

Par Joseph Apolo Msambya

L'actualité politique en République démocratique du Congo reste dominée par la demande formulée par la Haute Cour militaire sur la levée des immunités de l'ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Celui-ci, en sa qualité de Chef de l'Etat honoraire, bénéficie du statut de sénateur à vie et de surcroit, couvert par des privilèges et immunités en vertu de la loi n°18/021 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens présidents de la République élus et fixant les avantages accordés aux anciens chefs des corps constitués. 

Pour sa famille politique du PPRD et pour plusieurs opposants politiques, ainsi que pour certaines organisations de la société civile, vouloir obtenir la levée des immunités de l'ancien Chef de l'Etat en violation de la loi ne contribue nullement pas à l'apaisement face à une situation sécuritaire déjà très préoccupante à l'Est du pays.

Pour Néhémie Mwilanya, le tout dernier Directeur de cabinet de l'ancien Président Joseph Kabila et qui lui est resté fidèle, la levée des immunités du senateur à vie viendrait à saper tous les efforts de paix entrepris par les partenaires de la République démocratique du Congo.

'Que nos partenaires américains, européens, qataris et régionaux ne s'épuisent pas en vain. Lever illégalement les immunités du PR JKK est la preuve que le pouvoir à Kinshasa n'oeuvre ni pour la paix, ni pour la démocratie au Congo. Le Sénat et le peuple congolais sont interpellés', peut-on lire sur le compte X, anciennement Tweeter, du Professeur Néhémie Mwilanya. 

Pour sa part, l'opposant congolais Moïse Katumbi Chapwe, pense que la levée des immunités de Joseph Kabila risque d'exacerber les divisions et de fragiliser davantage la cohésion nationale. Au lieu de chercher à lever les immunités d'un ancien Président de la République en violation de loi, le Président du parti Ensemble pour la République (Ensemble) conseille fortement le gouvernement à privilégier le dialogue inclusif et la concertation avec toutes les forces vives de la nation. 

'La tentative de lever les immunités parlementaires du président honoraire Joseph Kabila, au mépris des dispositions légales exigeant un vote du Congrès, constitue une démarche dangereuse et irresponsable. À un moment où la République démocratique du Congo fait face à des défis majeurs, notamment l'insécurité dans l'Est et les tensions sociales, cette initiative risque d'exacerber les divisions et de fragiliser davantage la cohésion nationale. Plutôt que de s'engager dans des manœuvres politiciennes, le pouvoir devrait privilégier le dialogue inclusif et la concertation avec toutes les forces vives de la nation, y compris l'ancien président de la république, pour consolider l'unité et la stabilité du pays”, a déclaré Moïse Katumbi. 

Et d'ajouter: 'je condamne fermement cette volonté de contourner la loi pour des motifs manifestement guidés par des règlements de comptes que par l'intérêt général. La paix et la cohésion nationale, essentielles pour relever les défis actuels, ne peuvent être retrouvées par des actes qui sèment la discorde et torpillent les principes démocratiques”.

'J'exhorte le président Félix Tshisekedi à mettre fin à cette entreprise et à ouvrir un dialogue sincère avec son prédécesseur, Joseph Kabila, ainsi qu'avec toutes les parties prenantes, afin de privilégier l'unité nationale et de répondre aux aspirations profondes du peuple congolais pour la paix et le développement ”, a conclu Moïse Katumbi Chapwe. 

D'un autre côté, ce sont les organisations de la société civile qui voient en cette démarche du gouvernement une chasse à l'homme des leaders politiques de l'espace swahilophone en RDC. C'est ce qu'estime l'organisation Uswahili basée à Goma, qui fustige les actes de harcelement judiciaires dont sont victimes le député national Matata Ponyo Mapon et l'ancien Président de la République et sénateur à vie Joseph Kabila Kabange, tous deux originaires de l'Est du pays. 

Le Gouvernement congolais, par le truchement du ministère de la justice,  se dit detenir suffisamment des preuves sur l'implication de l'ancien Chef de l'Etat Joseph Kabila aux activités d'agression menées par le groupe rebelle de l'AFC/M23. Le Président Félix Tshisekedi lui avait même qualifié, lors de l'une de ses interviews, d'être le vrai commanditaire des attaques ménées par ce groupe rebelle bénéficiant du soutien du Rwanda voisin.


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