Le M23 suspend les activités de la société civile à Kamanyola
mardi 13 mai 2025
Dans la localité de Kamanyola, située dans la chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu (Sud-Kivu), les autorités locales affiliées au M23 ont annoncé la suspension des activités de plusieurs organisations de la société civile. La décision a été motivée par des accusations selon lesquelles ces structures « déstabiliseraient la cohésion sociale ».
Dans un communiqué officiel, Hassan Shabani, qui s’autoproclame « Chef de Cité » sous la bannière du M23, remet en cause la légitimité de ces organisations. Il les accuse de semer la division au sein de la population.
« Nous suspendons les activités de ces structures qui, au lieu de promouvoir la cohésion sociale, alimentent la haine et les conflits », a-t-il déclaré.
Une autorité parallèle en quête de légitimation
Il est important de rappeler que la désignation de Kamanyola comme « cité » résulte d’une décision unilatérale du M23, sans validation des autorités légitimes de la République Démocratique du Congo. La localité, déjà fragilisée par l’instabilité, est désormais gérée de facto par les rebelles, remettant en question la gouvernance locale et la légitimité des institutions officielles.
Dans son message, Hassan Shabani invite les partenaires humanitaires et organisations opérant dans la région à collaborer exclusivement avec l’administration qu’il représente. Une manière pour le M23 de consolider son autorité en écartant les acteurs de la société civile perçus comme non-alignés ou critiques.
Un rétrécissement inquiétant de l’espace civique
La mesure a suscité de vives préoccupations parmi les acteurs locaux. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une répression croissante de la société civile, dans une zone déjà marquée par les tensions et les violations des droits humains.
Pour les observateurs, l’exclusion des structures citoyennes compromet encore davantage la gestion des conflits et la construction de la paix, qui reposent en grande partie sur la participation des communautés.
Une illustration des défis de gouvernance en période de crise
Cette décision du M23 illustre les défis persistants en matière de gouvernance, de légitimité et de participation citoyenne dans les zones sous contrôle rebelle. Elle pourrait aggraver les tensions sociales et entraver le travail des acteurs humanitaires et des défenseurs des droits.
Dans un contexte aussi fragile, restreindre l’espace civique revient à éroder les fondements mêmes de la cohésion sociale et de la reconstruction post-conflit.
Rédaction_Baraka
